Un laboratoire d’expérimentation naturelle – 1

Ou La fabrique d’un (nouveau) paysage durable entre prospective industrielle et renaturation à Fos-sur-Mer

Projet de Fin d’Etudes, ENSA Paris-Malaquais, 2012-13, Ens. Jean-Pierre Vallier & Can Onaner

« (…) Fos désert et marais, incarne l’arriération totale, le non-développement. La plaine de Fos sera une cité idéale, conquise sur le désert et gagnée sur les eaux. »

Bernard PAILLARD, La Damnation de Fos (1981)

Fos-sur-Mer Délire

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(fig.1) Fos-sur-Mer en quelques photos(shop)

Fos-sur-Mer, charmante bourgade des Bouches-du-Rhône, à quelques encablures de Marseille. 15.000 habitants pour 10.000 hectares d’usines, de pipelines, de pétrole, d’acier, de super-tankers, quelques milliards de tonnes de CO2 rejetées dans l’atmosphère, l’eau et mes poumons. Fos-sur-Mer, où tout le monde meurt d’un cancer, pour reprendre l’expression du site d’information Rue 89. Fos-sur-Mer, enfin, cette voisine que j’ai reluquée, navré/fasciné/curieux, pendant à peu près 25 ans.

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(fig.2) La plage, les chevaux camarguais, l’air iodé… Photos recueillies sur le site officiel de la compagnie ArcelorMittal (!)

Restons sérieux devant cette situation rocambolesque :

Depuis quelques années l’activité sidérurgique et pétrochimique du golfe de Fos, jusque-là relativement épargnée dans un contexte économique mondial tourmenté, commence à montrer les limites d’un modèle industriel enclenché à la fin des années 60, ce temps béni porté par une sacro-sainte croissance tout azimuts. Le site est pourtant aujourd’hui à un tournant de son histoire, contraint de viser une très haute qualité de produits et de services, tout en mettant en œuvre une éthique environnementale globale vis-à-vis de son environnement naturel, économique et social.

Ou disparaître face à une concurrence internationale de plus en plus agressive.

Dans ce contexte, ce Projet de Fin d’Etudes se fonde sur le choix d’une friche exemplaire mettant en contact direct la sidérurgie, le raffinage d’hydrocarbures, le littoral et des éléments de nature antérieurs à l’industrialisation récente et fulgurante du site. L’objectif est de repenser une dialectique entre un territoire conçu de manière univoque, autonome, et le monde contemporain qui frappe à sa porte – nouveaux impératifs écologiques, de loisirs, problématiques de développement urbain locales et régionales (avec toute la question de la métropole marseillaise en arrière-plan), nécessité d’innovation par la recherche, etc.

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(fig.3) Quelques unes des différentes strates composant la géomorphologie du site

Les difficultés sont de plusieurs ordres : l’appréhension simultanée de rapports d’échelle très différents dans l’espace comme le temps, la prise en compte des possibilités d’auto-régénération progressive du biotope, une délimitation nécessaire et signifiante de l’urbanisation, l’intrication des aspects architecturaux et paysagers, l’ouverture du site au public en préservant son caractère naturel, la complexité de régimes hydrologiques influencés par les changements climatiques, etc.

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(fig.4) Frottements programmatiques

Le projet propose de retourner cette somme de contraintes en opportunités, en se concevant comme un programme de laboratoire au sens large, sémantique et spatial, sociétal et scientifique.

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