La Gloire de Mon Port

Marseille : L’infrastructure industrialo-portuaire comme support d’une métropole en devenir ?

ENSA Paris-Malaquais, 2011-12, sous la direction de Jean Attali

« Because I’ve been there. This is what people have done. [The pictures are saying,] ‘This is it, kid – take it for its beauty and its ugliness’ » [1]

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« Les établissements maritimes de Caronte et de l’étang de Berre, depuis l’entrée de Bouc, sont annexés au port de Marseille en 1919 (…). Marseille n’est plus totalement dans Marseille. Le temps de la république municipale touche à sa fin et l’on commence à envisager, au sens américain du terme, un véritable espace métropolitain. »

Marcel Roncayolo [2]

Cette Marseille extramuros dont parle Marcel Roncayolo, qui ne partage qu’en petite partie le territoire communal que nous lui connaissons (fermement tenu par les reliefs de l’Estaque, de l’Etoile, le massif des Calanques au sud et la mer Méditerranée à l’ouest), est bien celle qui intéresse ce mémoire. Elle s’inscrit dans une réalité urbaine discontinue dans le temps, l’espace et les habitudes, et se déplie sur près de cinquante kilomètres, depuis le Vieux-Port jusqu’à ce Far West camarguais qu’est Port-Saint-Louis-du-Rhône, de l’autre côté du Golfe de Fos.
Beaucoup a été dit sur le projet du port de Marseille, sur sa genèse, et le désenclavement historique et spatial de ses installations vers l’ouest. Beaucoup, voire même un peu trop, puisque toutes les bribes de réflexions personnelles alimentées sur ce territoire depuis des années se voyaient au fil des lectures confrontées, confortées ou infirmées, par d’autres qui l’avaient perçu et exprimé de façon beaucoup plus juste et concise avant moi. La question s’est dès lors posée de savoir quoi raconter qui n’aurait pas déjà été dit cent fois. Quel angle d’attaque adopter ?

Une autre déconvenue s’est rapidement manifestée ; si parler d’une ville dont on ne connait rien ou presque peut paraitre déroutant, « illégitime » comme nous l’avons parfois entendu, le contraire peut l’être tout autant. Trop de familiarité vis-à-vis d’un site n’est pas nécessairement la meilleure des bases de départ, tant une bonne partie du travail consiste dès lors à s’armer d’un peu de distance, de s’éloigner de ses préjugés et de ses préconceptions. Fardeau conséquent.
La méthode qui saurait un tant soit peu s’émanciper des lieux communs relevait paradoxalement d’une approche beaucoup plus personnelle. Au-delà des Grandes Questions Portuaires et Marseillaises régulièrement posées et débattues, je m’aperçois finalement que peu à été dit sur le reste, sur la (les) ville(s) née(s) en bonne partie avec le port, et les usages qui sont venus s’y greffer. Ceux auxquels on avait pensé, et les autres.
Trois thèmes prédominants sont apparus avec le temps : le Grand Port Maritime de Marseille, épicentre du travail géographique comme intellectuel, l’autoroute A55 qui lie (et nous donne à lire) ce territoire portuaire d’est en ouest et, de moins en moins en filigrane, la question de la métropole marseillaise.

Trois thèmes qui, dans leur définitions comme dans leurs champs lexicaux, diffèrent énormément mais alimentent pourtant une même réflexion, celle d’une somme de cohérences (et d’incohérences) spatiales formant un seul et même territoire, celui qu’on me permettra d’appeler le Grand Ouest Marseillais, morceau de métropole en grande partie fondé par l’industrie.
Ce mémoire analyse et requestionne cette gigantesque infrastructure industrialo-portuaire greffée sur le territoire, et les nombreuses ramifications qu’elle a engendré sur la fabrique urbaine. Il pose enfin l’hypothèse (à moins que ce ne soit l’hypothèse qui soit, avec le temps, venue se poser d’elle-même) d’une infrastructure industrialo-portuaire, hier pourtant vecteur d’une Modernité affirmée dans ses rêves comme dans ses travers, aujourd’hui capable de produire de la cohésion territoriale dans cette réalité urbaine morcelée, à l’échelle locale comme métropolitaine.

Concernant le ton et l’allure d’un mémoire qui n’est pas exsangue de l’expérience qui le précède : il conserve les séquelles des années passées à alimenter cette familiarité territoriale, d’où quelques sorties de routes je l’espère ponctuelles, inévitables, sans doute histoire de contempler ce paysage de l’extérieur.

L’intégralité de ce mémoire est librement consultable sur le site Villes, Architectures et Territoires de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Malaquais. Afin de vous connecter, merci de renseigner ouarpo comme nom d’utilisateur et ouarpo-edit comme mot de passe.

I / L’Espace-Temps

– Géographie
– Marseille-sur-le-Rhône
– Les Années 60 sont Formidables
– Le Pare-Brise plutôt que la carte

II / Les Interstices de la Modernité

– Surf Vietnam
– Une Campagne 2.0
– Le bidon d’essence comme produit du terroir
– L’étalement urbain
– La conscience permanente du port

III / La Fabrique d’un Paysage Portuaire

– Marseille, ou l’épicentre portuaire face aux contraintes du changement.
– Martigues, ou l’ancienne centralité autonome projetée dans un réseau plus vaste
– Fos-sur-Mer, ou le Génie du Lieu Moderne

IV / Fos-sur-Mer Délire

– La métropole inconsciente (d’elle-même)
– L’A55 vecteur de métropole
– Des contraintes opportunes

L’Episode des Daurades ou Un Nouvel Espoir

Bibliographie

In SALVESEN, Britt, New Topographics, Steidl, Göttingen, 2009, p9
In BECQUART, Dominique (Ed.), Marseille, 25 ans de planification urbaine, Editions de l’Aube, 1994, p.25
Lire PICON, Antoine, De la Ruine à la Rouille – Les Paysages de l’Angoisse in Marnes n°1 (MAROT, Sébastien, ALONZO, Eric (dir)), Paris, Editions de la Villette, 2011, p276

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